Et là c’est le drame…

Hey ! Ca fait un petit moment que je n’étais pas passée par ici… Non pas que l’envie d’écrire me soit passée, loin de là j’ai quelques articles en préparation mais j’ai stoppé nette leur publication suite à la grosse mésaventure qui nous est arrivée avec Tinka’s. 

Oui comme l’indique le titre, le drame s’est produit. Et comme j’ai eu besoin de beaucoup de soutien et de retour d’expérience quand ça m’est arrivé, je me suis dit que cet article pourrait en aider plus d’un ! C’est après tout le but essentiel de mon blog, vous offrir un maximum de réponses à toutes les questions que vous pouvez vous poser. 

L’accident qui ne prévient pas…

Pour ceux qui n’ont pas suivi les événements passés sur notre feed Instagram, le 20 mars 2022, Tinka’s s’est fracturé la première phalange du postérieur droit (la P1).

Franchement, je crois que c’était la pire chose : voir mon cheval ne plus poser le pied par terre. Sous conseil vétérinaire, on a posé un animalintex revouvert d’une bande pour immobiliser au mieux son membre, et on l’a embarqué dans le van, serré au maximum (en mode poney) attaché à 3 points pour ne pas qu’il tombe, et rouler à ….20km jusqu’à la clinique la plus proche (et là tu dis merci la voiture hybride ne met pas d’accoup dans le van.)

A ce moment là, je ne savais pas quelle était la gravité du soucis, cela pouvait être plein de choses, un blocage de hanche, un tendon qui a lâché, une fracture, je pensais évidemment au pire, sans trop vouloir y penser. Le moindre petit espoir me permettait de tenir, et de garder mon sang froid. 

Même si les larmes coulaient déjà, même si je voyais notre « vie » prendre un virage à 90 degrés (enfin c’était plutôt des loopings à en perdre l’équilibre…), je voulais rester forte pour lui. 

Lui, de son côté était super calme et coopérant, vraiment, très confiant envers nous alors qu’à tout moment il aurait pu se braquer mais il nous a suivi.

 

L’arrivée à la clinique.

On arrive à la clinique, il est pas loin de 19h00, la nuit tombe, on descend Tinka’s du van, il a besoin d’aide, l’équipe vétérinaire l’a bien aidé.

Direction la salle de radio à quelques pas du parking. Tinka’s ne pose toujours pas son membre, il marche sur 3 pattes, littéralement. C’est vraiment dur de le voir dégradé, lui qui m’a tant offert jusque là. Je me sentais impuissante…

Le vétérinaire passe aux radios. Le verdict est sans appel : « c’est une fracture ». Ces 3 mots m’ont assommée, j’ai fondu en larmes en tenant la tête de mon cheval. Je me suis dit, il est cassé, je ne le reverrai plus marcher, je ne pourrai pas lui offrir la retraite que je lui ai toujours promise. Je ne pourrai pas lui rendre la pareil de tout ce bonheur qu’il m’a offert durant ces 7 années. 

Le vétérinaire ajoute : « mais c’est opérables et sous un bon pronostic ». Je ne l’ai pas laissé finir sa phrase j’ai dit « banco« .  La fracture n’est pas déplacée, elle est nette, on a réagit au bon moment avant que cela ne se dégrade.

Tinka’s s’est donc fracturé la première phalange du postérieur droit. Le fait que ça soit sur un postérieur est une « bonne » chose dans le sens où il peut récompenser sur son autre postérieur.

Cette question à laquelle je ne savais pas vraiment quoi répondre jusqu’à y être vraiment confrontée, j’y ai répondu en moins d’une seconde.

 

Est-ce bien raisonnable de claquer autant d’argent pour « sauver mon cheval » ?

  On se la pose tous au moins une fois. Certains font le choix de la « raison« , car clairement, opérer son cheval, c‘est un gouffre financier (et émotionnel ! ). D’autres font le choix de l’émotion. Clairement j’étais dans la seconde position je ne pouvais pas en décider autrement. Et si tu m’avais posé la question le matin même je pense que j’aurais pesé le pour et le contre, et pas dit que le coeur aurait parlé… 

 Mes proches, mon coach, mes amis, me soutenaient à ce moment là, ils m’ont aidé à me conforter dans ma décision. Et je n’ai clairement pas réfléchi au devis que j’allais signer. Et clairement je n’ai jamais dépensé une telle somme en si peu de temps. Mais Tinka’s méritait de vivre et de galoper dans sa prairie.

Sur ce coup, j’étais doublement rassurée d’avoir souscrit à une assurance. Même si clairement j’avais tout épluché à l’époque; j’avoue ne pas m’être souvenue de comment j’étais couverte. Bref ça mériterait de se faire un mémo dans le carnet du cheval au cas où…

La tête dans le brouillard

Il a donc fallu, à 22h, que je laisse mon cheval dans la salle de radio, laisser l’assistante faire son plâtre provisoire, pour faire les « papiers ». Le moment où tu lis le contrat, les risques de l’opération etc . Bref c’est pas très glamour. 

J’ai encore beaucoup pleuré en le quittant, une partie de moi sait trop ce que c’est que de dire au revoir, et de se réveiller 3 jours plus tard en apprenant que c’est fini…

Je ne t’en ai jamais parlé ici, un peu peut être sur Instagram… Mais mon histoire avec Tinka’s est intrinsèquement liée au décès de mon père qui m’a clairement coupé les 2 jambes. C’est pour ça que je dois tout à CE cheval, il m’a remis sur pieds, et je ne peux m’empêcher de penser qu’une part de mon père sommeille en lui. 

C’est peut être futile, puéril, gnangnan, tu penseras ce que tu voudras, l’essentiel c’est que ça m’a beaucoup aidé à avancer, à accepter ce deuil et à en faire une force. Sauf que voilà, je me sens invincible avec Tinka’s, mais sans lui je me suis sentie complètement démolie

Le quitter dans cette salle de radio à été terrible. Je l’ai supplié de se battre, de ne pas mourir au réveil, car je savais bien que le gros soucis de opération, ce n’est pas l’opération en elle-même mais les conséquences de l’anesthésie et la phase de réveil.

C’était ma plus grande hantise.

Le temps de la chirurgie.

Le lendemain le chirurgien m’appelle et m’annonce qu’il n’y a pas d’autre solution que d’opérer Tinka’s. Donc on y va, on fonce. Bon là au niveau de l’assurance je ne savais plus comment gérer. Mais celle-ci a été très réactive, le vétérinaire aussi qui avait déjà fait des son côté la déclaration auprès de mon assurance. J’ai eu une une réponse dans l’heure qui a suivi pour confirmer l’opération. En effet, si ton cheval est assuré, avant de l’opérer, ou même de l’euthanasier, tu dois avoir l’aval de ton assurance pour être sûr de bien être couvert.

Tinka’s sera donc opéré le lendemain.

L’enfer commence….

Emotionnellement c’est de vraies montagnes russes. Je n’ai pas dormi beaucoup depuis le dimanche. Le lundi l’espoir renaît en se disant qu’on va enfin l’opérer, le mardi c’est le stress la boule au ventre toute la journée, à regarder sa montre, son téléphone en attendant l’appel libérateur… qui n’arrive pas !  

  • A 16h45 j’appelle pour prendre des nouvelles « il vient de sortir du bloc, il est en salle de réveil » ok bon je vais attendre un peu…
  • 19h00 toujours pas de nouvelle, je me dis que ça fait peut être beaucoup pour un cheval un si long réveil…  » il est toujours en réveil ». Ok j’ose pas déranger plus je leur demande de me rappeler. 
  • A 21h00 chéri me dit d’appeler qu’ils ont du oublier… « toujours en salle de réveil » je demande si c’est normal que ça soit si long : » ça peut » …. hum c’est très concis en mode « je choisis les mots tout ça.. » j’étais pas bien du tout du tout. 
  • Et quand à 22h30 le chirurgien t’appelle en te disant : « la chirurgie s’est bien passé mais votre cheval nous fait de grosses complications au réveil. Il nous fait un oedème pulmonaire, de la mousse sort de sa bouche et ses naseaux, il n’est pas debout, son pronostic vital est engagé.«  J’en tremble encore, les mots sont à jamais gravés en moi… je pose des questions pour savoir ce qu’ils font pour l’aider. Il m’a dit qu’ils faisaient leur maximum  (évidemment !) pour l’aider au niveau médicamenteux, que c’était quitte ou double. 

    Quitte ou double… En gros je vais me coucher sans savoir si demain je reverrai mon cheval sur ses pieds, ou si j’irai juste me recueillir auprès de sa dépouille et récupérer ses crins comme seul souvenir physique de notre belle histoire….

Merci google pour tes ressources vétérinaires…

Autant te dire que je n’ai ABSOLUMENT PAS DORMI pas une seule minute de cette  PUT***  de nuit.  J’ai du lire au moins 4 thèses sur l’anesthésie des chevaux

  • A 6h50 je ne tiens plus et je prends mon téléphone pour appeler la clinique :  » il est debout ». Pas sorti d’affaire mais debout. J’apprends qu’il a été levé au harnais à minuit, en gros c’était sa « dernière chance » il l’a saisie, il s’est battu toute la nuit, merci mon cheval.
  • L’équipe a vraiment été top, dévouée pour lui toute la nuit, ils se sont tous relayés, c’était aussi leur combat, et je leur en suis extrêmement reconnaissante.
  • A 9h00 j’ai enfin l’appel du chirurgien me disant qu’il était « tiré » d’affaire, qu’il retrouvait son box (enfin ! ). La voix du véto était beaucoup plus sereine que la veille. Je lui ai demandé 3 fois d’affilé « vous êtes sûr ????? »  et 3 fois je lui ai fait répéter  » oui il est sorti d’affaire » (j’ai du passer pour une folle! ) parce que clairement je n’aurai pas supporté d’avoir une désillusion.

Et vraiment, le plus beau cadeau depuis ces 3 jours d’enfer, c’était de pouvoir le retrouver dans son box à la clinique, debout et demandeur. Quand il a entendu ma voix il s’est mis à gratter le sol, d’un air de dire « oh je suis lààààààà ».

 

Mon cheval en Titane.

J’aurais du le savoir, qu’à force d’être vissée de partout Tinka’s aurait également voulu avoir sa part de Titane dans son corps pour être « corporate » avec sa cavalière adorée… Ouais non là Tinka’s tu aurais pu t’en passer je t’assure…. Car la sécurité sociale ça marche pas pour les équidés, même les plus mignons au monde… 

Donc Tinka’s se retrouve avec 2 petites vis qui permettent de consolider sa fracture. Il les gardera à vie (et de toute façon étant donnée l’épreuve du réveil qu’il a subit je crois que j’aurais pas été chaude du tout pour retenter l’expérience !!!! ).

 

 

Le parcours du combattant commence…

Le début du parcours du combattant allait pouvoir commencer. Mais avant de rentrer à la maison il fallait qu’il retape toutes ses constantes, et que son oedème pulmonaire se résorbe au mieux. Tinka’s est devenue « la mascotte » de la clinique. Il a fait un plus long séjour que prévu en clinique, à cause notamment de ses complications au réveil. Son oedème pulmonaire pouvait avoir de lourdes conséquences. Fort heureusement les vétérinaires veillaient au grain. 

Le parcours du combattant est autant pour Tinka’s que pour moi. Physiquement, émotionnellement mais aussi financier. Car même si l’assurance assure son rôle comme un chef, il y a malgré tout un plafond, qui ne couvre évidemment pas tout ! 

Tout ça à un prix.

La chirurgie, l’hospitalisation, les 84 clichés radios (oui je les ai compté !), les soins pour l’oedème pulmonaire (médication + suivi échographique quotidien) et les soins consécutifs , tout cela m’a coûté un peu moins de 6000 euros. A cela il faut ajouter les médicaments à renouveler (merci l’antibiotique à 180 euros pour 3 jours à renouveler 3 fois ! ), le suivi véto avec les radios, les prises de sang etc… 

Pour le moment tout confondu on approche les 8 000 euros. Je ne cache pas cette somme, car c’est toujours bon de savoir dans quoi on s’embarque… et clairement, c’est plus cher que ce que j’ai payé Tinka’s. 

Alors à ceux qui pensent que ça ne vaut pas le coup, le choix est vraiment propre à chacun. J’ai fait un choix, il a des conséquences c’est sûr. Mais je pense que perdre Tinka’s aurait été plus lourd de conséquences pour ma santé personnelle… Mais clairement cette expérience m’aura mis un gros coup, au point que je ne sais pas quel sera notre avenir, sportif ou non, pour l’instant je penche plus pour le non. Je veux lui offrir le meilleur, l’avoir à mes côtés reste un beau cadeau.

C’est l’inconvénient de la passion… ça t’apporter un bonheur incommensurable mais la douleur est très violente en retour. 

 

Comment nous aider ? 

J’ai donc décidé de vendre un maximum de matériel de ma sellerie sur Preppy Sport et Vinted, je remercie tout ceux qui ont contribué à bien vider ma sellerie car clairement ça me donne une bouffé d’oxygène !  

Si vous souhaitez nous aider, mais que rien ne vous intéresse dans mon « vide sellerie » 2 options : 

Je peux te parrainer si tu n’as pas assuré ton poney volant ! 

Si tu n’as pas souscrit à un assurance pour ton poney volant je te propose de te parrainer via mon assurance. Cela nous fera bénéficier à tous les 2, d’un mois de souscription. Nous sommes tous les 2 gagnants, et clairement ça m’aidera. Alors n’hésite pas à me contacter si tu souhaites souscrire à cette assurance !

La fin de cet épisode.

Je vais arrêté là cet article, car il est déjà un peu long, mais je tenais à vous retranscrire le maximum de détails.

 Dans le prochain article je vous parlerai du début de sa convalescence et de son retour à la maison, comment gérer un éclopé équin. Et je peux vous assurer que c’est loin d’être anodin.