2C2A Episode 6 : l’extension d’encolure … plus précisément.

Hey ! On se retrouve pour notre rendez-vous dominical sur l’aventure 2C2A. Aujourd’hui on va approfondir le sujet de l’extension d’encolure. D’où ça vient? pour quoi faire ? les plus est les moins de cet exercice, et pour quelles finalités. On va essayer de décortiquer le sujet 🙂

Un peu d’histoire

Depuis le XIXème siècle époqueou les chevaux se sont allégés, ou le sang anglais a modifié la morphologie de nos chevaux de selle, et où les hongres et juments furent plus répandus (autrefois on privilégié l’étalon.) Les hongres tel es juments ayant des encolures plus longues et plus souples que les étalons, les écuyers de l’époque ont donc mis en place cette exercice d’extension pour répondre à la problématique morphologique des chevaux. 

 

Un exercice préparatoire au dressage.

Le cheval vient chercher le contact qui avance sans jamais se rompre. Pour avoir une « bonne » extension d’encolure : 

  • le chanfrein doit être au delà de la verticale
  • l’équilibre, fragile, nécessite pour ne pas le détruire de doser l’impulsion.
  • la cadence est donc ralentie on apprend au cheval à prendre le temps de bien placer chacun de ses membres. 

On allège le contact sans le rompre pour indiquer au cheval la bonne direction. Le cheval ne peut plus « tirer » comme quand il est à niveau.

 

Sur le plan locomoteur

L’extension d’encolure surcharge l’avant main et allège l’arrière main. Donc oui, on crée un déséquilibre et le cheval doit adapter sa locomotion en fonction de ce déséquilibre. Pour retrouver l’équilibre, le cheval prend une attitude extrême : il fait travailler tous les muscles qui assurent la motricité. 

Le muscle long dorsal (situé sous la selle), est le muscle élévateur du tronc. Initialement il n’a pas été conçu pour porter le cavalier (dame Nature n’avait pas anticipé que le cheval deviendrait la plus belle conquête de l’homme ! ) L’extension permet au cheval de porter son cavalier en utilisant le thorax et l’abdomen.  Notre fidèle destrier doit donc pousser son dos, la croupe et les postérieurs participent également. On demande au cheval d’engager ses postérieurs sous la masse, pour pouvoir mécaniquement monter le dos.

Ainsi donc, l’extension d’encolure assouplit la tige vertébrale de la nuque à la queue, décoinçant les vertèbres et leurs appophyses.

Tous les muscles travaillent : l’encolure, l’abdomen, la croupe pour la propulsion, les muscles du tronc.

 

Les effets psychiques de l’extension d’encolure.

Le cheval à l’état sauvage marche la plupart du temps la tête en bas. C’est une position qui le met donc dans le confort. Ainsi si on reproduit cette attitude dans le mouvement, on apporte cette notion de confort dans le travail. Il s’étire se mobilise, se porte sans subir la jambe ou la main du cavalier. Il va avec. Le cheval va progressivement intégrer que son confort est dépendant de la main, il a apprend à la suivre et ne plus aller contre.

Alors oui, cela ne s’apprend pas du jour au lendemain, le cheval descend un peu, puis remonte, puis la descente dure 2 , 3 puis 4 foulées. Il faut se contenter de peu au début mais répéter souvent. Le cheval comprend ainsi où on veut en venir. 

La descente d’encolure doit être appréhendée par le cheval comme une cession généralisée, une nécessité de s’organiser pour tenir l’attitude née de cette cession et poursuivre le mouvement en conservant toute la tension.

Mon expérience avec la grosse Patate

Apprendre à Tinka’s l’extension ne fut pas chose facile. Il a fallu prendre beaucoup (oui beaucoup ! ) de temps.Mais j’ai découvert un nouveau cheval je dois l’avouer. Choses que les rênes allemande ne parvenaient pas à m’apporter, je gagne en légèreté dans le contact à la main. Alors qu’habituellement mon gros était très lourd devant, en mode traction, c’était compliqué de le rééquilibrer. Le travail d’extension d’encolure me permet de bien le préparer au travail. Quand je passe au travail à niveau après l’extension d’encolure, il est totalement disponible, assoupli, échauffé. Il remonte son dos avec plus de facilité.

Pour Tinka’s se prenant plus pour une planche de surf qu’un cheval de dressage, il était assez compliqué de lui demander la « bonne » extension : celle où il monte son dos et se propulse avec son arrière main.

On a donc ressorti notre outil : le cercle. Comme en longe, on travaille sur un cercle court, qui amène le cheval à se poser la question de comment il va déplacer ses cadres membres en suivant le tracé que lui impose ma main.Evidemment on ne reste pas 500 ans sur un cercle court. Si le cheval se crispe on n’obtiendra rien. Il faut optimiser la décontraction dans cet exercice. Allier le calme et la légèreté. Quand il cède je cède pour récompenser. Au fur et à mesure de l’avancé de l’exercice, on demande un peu plus. Au final on dessine plus une spirale qu’un cercle. Cette spirale s’agrandit se rétrécie progressivement, et le cheval doit se mouler à l’intérieur de se tracé.

Evidemment du fait de la dissymétrie de la Patate, sur le cercle à main gauche c’est plus difficile : il a les hanches à gauches les épaules à droites. Je dois donc ramener les épaules sur le tracé du cercle, et demander de pousser avec son postérieur.

 

Les + :

  • c’est un excellent travail de détente : ça nous force à bien travailler au pas, puis au trot et au galop. Le cheval prend le temps de se délier.
  • l’impulsion s’améliore 
  • le cheval devient fidèle à la main 
  • excellent travail pour solliciter les muscles et articulations en extension.
  • On gagne en assouplissement le cheval devient de plus en plus disponible physiquement parlant.

Les – : 

  • on a tendance à croire que le nez par terre est la finalité. Mais souvent le cheval peut nous bluffer en ne donnant pas totalement le dos: il est répandu. Ainsi donc le cercle permet de mobiliser l’arrière main du cheval pour lui indiquer qu’il doit surtout pousser.
  • l’extension d’encolure n’est pas une finalité, c’est une gymnastique 😉

En bref, 

Comme il se dit à Saumur : l’extension d’encolure s’obtient par cette formule : « Contact, pousser, descendre » . 

J’ai complètement adopté l’extension d’encolure; et Tinka’s aussi (c’est le plus important non). Ce travail a été très bénéfique dans ma relation avec mon cheval, car non seulement, j’apprends à le travailler d’une façon nouvelle : sans le contraindre. Mais d’autre part, il participe volontiers à ce travail là. Il en devient même demandeur ! C’est limite si il ne me saute pas dans les bras quand j’arrive pour le monter (non là j’exagère !!!). Il reste disponible pour le travail à niveau. Et il est plus à l’écoute de ma main. Réciproquement je suis plus à l’écoute de lui : quand il secoue la tête c’est qu’il y a une incompréhension, bon c’est sûr il faut décoder, mais j’essayer, en avancer mes mains, en les fixant davantage… et quand la Patate ne secoue plus la tête et me donne l’exercice c’est que c’est tout bon ! 

Je ne pourrai plus me passer de l’extension d’encolure je crois. Alors bien sûr il faut veiller à ne pas perdre l’engagement des postérieurs, mais on verra prochainement qu’il n’y a pas que le cercle que l’on peut travailler en extension d’encolure ! 

A propos Clémence

Clémence est la rédactrice d'Horsyklop. Cavalière depuis sa plus tendre enfance, elle enchaîne les maladresses équestres (dont la plus risquée fut une coupure à la tondeuse ! ). Elle vous confie ici certaines de ses aventures; mais aussi des tests de différents produits. Elle prône pour le 100% Naturel, et adore le MADE IN FRANCE (oui nous avons un beau pays ! )

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