Le pire cauchemar d’une propriétaire.

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Hey ! On se retrouve aujourd’hui, et ce n’est pas moi qui ai pris le  clavier mais Cassandre. Une de mes abonnées m’a contacté sur Instagram, elle m’a partagé son expérience avec son cheval, et m’a proposé de la partager sur mon blog. Comme mon blog est un lieu de partage d’expériences, j’ai donc laissé carte blanche à Cassandre pour nous conter son histoire (qui m’a particulièrement émue je dois l’avouer…)

Le début du cauchemar.

Tout ce cauchemar a débuté le mardi 30 avril 2019

C’était une veille de concours, je prenais le train pour rentrer chez moi et aller faire un cours avec mon poney.   Lui, c’est Vegas des Bazys, poney Palomino français de selle de 10 ans, le train n’était pas à l’heure, j’étais donc en retard Quand je suis arrivée à l’écurie , j’ai demandé à mon père d’aller chercher Vegas au champs pendant que j’allais me changer. Entre-temps, j’ai appris que le cours était annulé.Mon père est ensuite arrivé avec Vegas, et là je l’ai tout de suite trouvé un peu fatigué, il avait mis du temps à le remonter, et il avait mangé sa friandise sans beaucoup d’entrain. J’hésitais donc à le monter car il faisait tout fatigué mais bon il fait pas souvent très motivé dans les stalles.  Je lui ai donné une autre friandise, il l’a prise tout doucement sans réclamer d’autres, chose inhabituelle.
Une amie avec qui je devais monter, Lise, est arrivée, je lui a montré Vegas en lui disant que je ne le trouvais pas en forme,elle m’a alors dit de le monter pour voir comment il réagissait.
On s’est donc mises en selles, je l’ai simplement marché, et il était vraiment super mou, aucune envie, je sentais bien que quelque-chose n’allait pas. J’avais vraiment un mauvais pressentiment, mon poney était différent, alors je n’ai pas forcé…

Je l’ai dessellé, mauvaise surprise en enlevant le mors je me suis rendu compte qu’il n’avait pas mangé ses friandises, il les avait mâchées puis coincées dans un coin de sa bouche…. Je lui ai présenté une carotte, il l’a refusée, un poney qui refuse une carotte on sait que quelque-chose ne va pas… J’ai vite paniqué et je ne savais pas trop quoi faire, je trouvais qu’il respirait fort. J’appelle le vétérinaire, il me dit de prendre la température. 40 d température, j’ai pris peur, le vétérinaire me dit qu’il arrive en urgence.

Je sentais bien que quelque-chose n'allait pas.

Une urgence vétérinaire…

Le vétérinaire est arrivé très vite, il a d’abord pris son rythme cardiaque : il était deux fois plus élevé que la normale. Il l’a observé mais aucun signe de colique, mis à part le manque d’appétit. Il a ensuite décidé de le fouiller, il faut savoir que ce n’est pas agréable pour eux, mais ils ne sont pas censés avoir trop mal. Sauf que Vegas était hyper douloureux. Il essayait de bondir de la barre d’écho ! Le vétérinaire était vraiment perplexe. Impossible de savoir ce qu’il avait, mais il avait un mauvais pressentiment.
Deux choix se posaient à nous. Soit on le laissait ici avec surveillance mais pas beaucoup de moyens d’intervenir en cas d’urgence, soit on ne prenait pas de risque et on l’emmenait à la Clinique de St Lô.

Pas besoin de réfléchir longtemps, mon père a directement dit qu’on partait à St Lô. J’étais déjà en pleurs, pleine de peur mais quelle horreur de ne pas savoir comment le soulager et l’aider ! Lise, que je ne remercierai jamais assez, nous a proposé de prendre son van et de nous emmener, on s’est dépêché mais impossible de monter Vegas dans le van; il était paniqué. On voit le camion de l’écurie, quelle chance , les clés étaient là ! J’ai vite essayé de le monter et il a de suite coopéré. On est parti directement, une heure de route interminable, pendant laquelle je me posais énormément de questions, j’étais tellement angoissée.

 

J'étais déjà en pleurs, pleine de peur mais quelle horreur de ne pas savoir comment le soulager et l'aider !

Un pronostic vital engagé…

Une fois arrivés, Vegas a directement été pris en charge, avec toutes les informations transmises par le vétérinaire de nos écuries. Le vétérinaire de la clinique a commencé par le fouiller, très douloureux, encore même plus. Il nous dit qu’il faut faire une échographie, celle-ci révèle une très mauvaise nouvelle, le colon a basculé, il n’est plus du bon côté. Le pronostic vital de Vegas est fortement engagé.

Le risque était que le colon soit perforé, il fallait faire une ponction, si on retrouvait des débris cela signifiait que c’était trop tard, Vegas ne s’en sortirait pas. Imaginez le stress que l’on peut avoir à attendre le résultat, se dire que sa vie était peut être déjà perdue. 
Il a fait la ponction ainsi qu’une prise de sang. Pendant que nous attendions, le vétérinaire est venu nous montrer les deux flacons. D’abord une bonne nouvelle : le colon n’est pas perforé, le liquide n’était pas parfait non plus, mais c’était quand même un soulagement, je pouvais garder espoir, même si je savais que c’était très grave..
La prise de sang était moins bonne : le sang était pratiquement noir et très épais, c’est alors que le vétérinaire avait trouvé ce qu’il avait : une intoxication qui a causé un ralentissement du transit, et à ce moment une colique, il était en train d’entrer dans la phase très douloureuse de la colique. Il fallait désormais analyser son sang.  Le vétérinaire s’est absenté pendant vingt longues minutes. L’état de Vegas se dégradait, il commençait à taper fort du pied car il avait mal au ventre, je lui ai porté la tête tout ce temps, c’était comme si je sentais qu’il me disait merci d’être là et de l’aider…. Je n’ai pas cessé de pleurer, de lui demander pardon, de lui dire d’être fort, de se battre, qu’on y arriverait ensemble, je ne voulais pas perdre espoir, jamais.

 

 

 

 

C'était comme si je sentais qu'il me disait merci d'être là et de l'aider....

Le diagnostic tombe

Le vétérinaire est revenu, nous annonçant qu’il ne savait pas à quoi était due l’intoxication, mais que Vegas était fortement déshydraté, on devait le perfuser. Il lui manquait plus de 70Litres d’eau, il avait des sués, c’était de pire en pire, il luttait pour rester debout. On l’a perfusé des deux côtés pour que ça aille plus vite. Mais il avait de plus en plus mal, le vétérinaire a pris la décision de le mettre sous morphine pour le soulager. C’est un moment qui m’aura marqué, touchée : dès la première goutte Vegas s’est écroulé dans mes bras. J’ai cru qu’il était mort. Avec Lise nous avons réussi à le maintenir debout, et on l’a attaché comme on pouvait, il a réussi à se positionner pour rester debout, il luttait. Il était bientôt minuit, il n’y avait plus rien à faire,  juste attendre, et espérer.

Le vétérinaire nous a conseillé de partir, qu’il valait mieux qu’on parte se reposer un peu, je n’en avais pas l’envie, je serait restée toute la nuit à ses côtés si j’avais pu. Le vétérinaire nous a prévenu qu’il nous appellerait pour avoir notre accord si jamais il devait l’opérer d’urgence.

 On devait alors partir, et là c’était horrible, je voulais rester avec lui, mais il fallait partir, il fallait lui dire au revoir sans savoir si c’était un adieu. C’était peut être la dernière fois que je le voyais, j’étais abattue, apeurée, tellement triste, je lui ai dit  » à demain, bats-toi, sois fort ». Je gardais espoir. J’ai jeté un dernier coup d’oeil; cette image ne s’effacera jamais de ma tête, j’ai vu mon poney inconscient, mais qui se battait et usait toutes ses forces pour rester debout.
Je suis partie sans savoir si j’allais le revoir un jour….

La nuit la plus longue.

Je n’ai pas dormi, je suis restée à côté du téléphone toute la nuit, à attendre un appel, une bonne nouvelle. A 7h le téléphone sonne enfin, Vegas ne va pas mieux, il s’est couché à 3heures, son état s’est dégradé, le vétérinaire me dit qu’il me tiens informée au plus vite. Je suis restée dans ma chambre, j’avais terriblement peur, je regardais nos photos en boucle. On devait partir le voir ,mais le vétérinaire à appelé mon père pour lui dire de ne pas venir, que je ne devais pas le voir dans cet état. Il lui a dit que c’était fini, il était dans le coma, paralysé de l’arrière main, tous le système nerveux était déconnecté, sa langue pendait… il avait perdu la vue et convulsait.

Mon père a alors donner l’accord pour l’euthanasier et il m’a annoncé que c’était fini, j’avais perdu mon beau poney. Ce fut le pire moment de ma vie, j’étais perdue, je venais de perdre mon premier poney, mon plus grand rêve, cela ne faisait que 8moins, 8petits mois qu’il m’appartenais. J’étais impuissante, abattue, je n’arrivais pas à réaliser. J4ai pleuré tout l’après midi mon beau poney, je ne comprenais pas pourquoi lui, d’où venait cette intoxication, ce n’était pas son heure, il n’avait que 10 ans et on avait encore plein de choses à vivre ensemble.

et il m'a annoncé que c'était fini, j'avais perdu mon beau poney

L’espoir renaît alors.

1 mai, à 19h, mon père vient me voir, lui que j’avais vu en pleur le matin même avait un petit sourire et m’a alors donné son téléphone. Je n’y croyais pas, il y avait une photo de Vegas debout, en mauvais état mais debout et en train de manger.
Je ne comprenais plus rien, on m’avait dit que c’était fini, et mon père m’a montré le message du vétérinaire :  » il est debout, il mange mais garde encore la tête de travers, voit mieux mais pas complètement, a du transit et plus de fièvre…. mais pas encore gagné »
On l’a alors appelé pour comprendre ce qu’il s’était passé. Il lui avait en fin de compte posé une dernière perfusion, un peut comme une ultime dernière chance. Et par miracle il s’est relevé, personne ne s’y attendait, il avait réussi, même les vétérinaires étaient encore surpris de ce qu’il s’était passé. Evidemment il restait très prudent quant au pronostic, Vegas n’est pas encore sauvé mais je peux garder espoir. Mon poney était toujours en vie, la nuit allait être très longue.

Le lendemain matin je reçois un message pour me dire qu’il est toujours là et qu’il reprend petit à petit des forces. Un spécialiste allait venir le voir dans la matinée. Le soir, j’ai appris qu’il avait eu droit à une petite sortie en main, mais qu’il était toujours sous perfusion. Mais on m’a surtout annoncé que je pouvais venir le voir le lendemain, enfin ! Quel soulagement, il était pratiquement sauvé ! J’étais tellement heureuse à l’idée de me dire que je le reverrai bientôt, alors que la veille je le croyais mort.

J’ai réussi à dormir un peu plus, je n’avais plus qu’à attendre 16h pour être à ses côtés. Et ce fut une longue attente ! Vers 14h30 je reçois un appel , stress total, qu’allait-il me dire ? Bonne ou mauvaise nouvelle ? Je décroche et j’entends : « Vegas est au paddock, plus de perfusion, il peut rentrer chez vous demain, il aura un bilan complet le matin pour être sûr que tout va bien, à tout à l’heure. » J’en ai pleuré de joie. Le cauchemar était bientôt fini. Il avait réussi, il avait battu cette foutue intoxication, c’était tellement inespéré… IN CRO YABLE !

Le moment tant attendu est arrivé, j’étais enfant à la clinique, on m’a montré où était Vegas, je suis rentrée dans le paddock, je lui ai fait un câlin, et je lui ai dit « merci », j’étais la plus heureuse du monde.

une vétérinaire est venue nous voir et nous a expliqué tout ce qui s’était passé, son évolution, elle a dit ‘ c’est un vrai miracle de petit poney ». Cette phrase m’a marqué.

Vegas avait énormément maigri , il était tout abîmé du côté droit. La vétérinaire nous a dit qu’il n’avait pas encore un gros appétit, il ne mangeait pas sa ration, j’ai alors décidé de l’emmener près de la ration, et j’ai pris dans ma main une poignée de grain. Il l’a mangé et j’ai continué, j’ai réussi à lui faire manger une grande partie de sa ration, j’étais tellement contente, je pense qu’il avait besoin de confiance car tout était inconnu pour lui ici et il est de nature craintive et stressée. Après ces moments réconfortants nous sommes repartis

 

Le retour du guerrier

Le grand jour est arrivé, mon petit Vegas rentre à la maison ! Nous sommes allés le chercher vers 16h, il était dans un box, je suis directement allée le voir puis après un bon débriefing vétérinaire on a embarqué mon petit Vegas. (3479) et nous avons pris la route direction l’écurie.  
Après ces péripéties, Vegas était à la maison avec un traitement et une longue convalescence. Il a fait une semaine de box pour avoir une meilleure surveillance, et comme tout s’est bien déroulé, il a pu retourner au champs retrouver ses copains et reprendre du poids

une véritable leçon de vie

Cette expérience aura particulièrement été éprouvante, mais j’ai beaucoup appris, j’aurai surement du lui prendre sa température au plus tôt, appeler le vétérinaire plus tôt, ne pas le monter. Je m’en veux forcément, si j’avais eu ces réflex, peut être que ça aurait été différent, peut être aurait-il moins souffert ? En fin de compte, qu’importe, avec des « si » on referait le monde n’est-ce pas ? Mais l’important c’est qu’il soit toujours là, maintenant que je sais quoi faire et je sui beaucoup plus vigilante en ce qui concerne sa santé. Alors apprenez à écouter vos chevaux , si vous ne le trouvez pas n forme, n’hésitez pas à prendre sa température ou demander l’avis d’un vétérinaire au téléphone. Tout peut se jouer à quelques heures. Si je n’avais pas pu venir ce soir là, il ne s’en serait probablement pas sorti.

Malgré les analyses, nous ne saurons jamais ce qui a causé cette intoxication. Nous avons envoyé les échantillons à deux centres de poisons, consulté un spécialiste,  on nous a seulement dit que c’était très rare, et nous n’avons pas les moyens de faire des études plus poussées. Cette aventure m’a aussi montrer que j’avais la chance d’avoir des amis et un écurie là pour me soutenir et m’aider.

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