Hey ! Me voilà de retour pour partager quelques-uns de mes petits tips de cavalière propriétaire afin d’aider nos chevaux à mieux vivre les épisodes de canicule. Les étés sont de plus en plus chauds, et ces périodes de fortes chaleurs risquent malheureusement de devenir la norme. Il est donc temps d’adapter nos habitudes pour préserver au mieux le bien-être de nos chevaux.Je te partage simplement ce que je mets en place au quotidien, avec beaucoup de bon sens, d’observation… et quelques astuces qui ont fait leurs preuves chez moi.
Le seuil de température de ton poney volant
Le cheval possède une remarquable capacité à réguler sa température corporelle grâce à la transpiration. Mais ce système a ses limites.
Lorsque les températures dépassent les 30 à 35 °C, en particulier si l’humidité est élevée, l’évacuation de la chaleur devient beaucoup moins efficace. Et lorsque le thermomètre flirte avec les 40 °C, l’organisme de ton cheval est mis à rude épreuve. On pourrait presque dire qu’il vit une véritable « fièvre » imposée par son environnement.
Dans ces conditions, il peut se déshydrater très rapidement, perdre une quantité importante d’électrolytes par la transpiration et avoir de plus en plus de mal à dissiper la chaleur produite par son propre métabolisme.
Tous les chevaux ne sont pas égaux face à la canicule. Les chevaux âgés, les poulains, les individus en surpoids, ceux atteints de certaines maladie…
L’objectif n’est donc pas d’attendre que ton cheval montre des signes de fatigue, mais d’anticiper. En adaptant son environnement et sa gestion dès les premiers épisodes de fortes chaleurs, tu lui permettras de mieux supporter ces conditions climatiques qui deviennent malheureusement de plus en plus fréquentes.
Les gestes simples… mais indispensables
Une eau fraîche et propre, la priorité absolue
Cela paraît évident, et pourtant c’est le premier point à surveiller.
En été, un cheval peut boire entre 40 et 70 litres d’eau par jour, voire davantage en période de canicule. C’est énorme !
J’ai d’ailleurs remarqué que lorsque l’eau des bacs devient trop chaude, mes chevaux boivent moins volontiers. Alors, à chaque passage, je leur apporte un bac d’eau fraîche. La différence est flagrante : ils viennent souvent boire immédiatement.
Mon petit truc pour les encourager encore davantage ? J’ajoute quelques morceaux de pomme dans l’eau. Les morceaux flottent à la surface et les chevaux s’amusent à les attraper. Cela les incite à boire tout en leur offrant une petite activité ludique.
La douche : ma meilleure alliée contre la chaleur
Dès que les températures grimpent, je n’hésite pas à doucher entièrement mes chevaux, et surtout suffisamment longtemps pour que leur température corporelle baisse réellement.
Contrairement à une croyance encore très répandue, il n’existe pas de risque d’hydrocution chez le cheval. Tu pourras donc le doucher intégralement sans crainte, y compris avec de l’eau fraîche.
Beaucoup utilisent ensuite un couteau de chaleur pour retirer l’excédent d’eau. Personnellement, je préfère laisser mes chevaux dégouliner naturellement : l’évaporation et le vent finissent le travail et prolongent la sensation de fraîcheur.
Certains optent pour des Brumisateurs, c’est vrai il y a un bon plan chez action et ça a le mérite de rafraîchir.. j’ai tenté et mes chevaux faisaient tout pour ne pas se mettre dessous . Bref j’ai rangé le tuyau et économisé de l’eau et du stress pour mes poneys volants. On verra plus tard pour la désensibilisation 🤫.
L’astuce du « t-shirt mouillé »
J’utilise également des couvertures anti-insectes très légères, suffisamment respirantes pour laisser circuler l’air.
Mon astuce consiste à doucher abondamment mes chevaux alors qu’ils portent leur couverture. Le tissu se gorge d’eau et agit comme un véritable « t-shirt mouillé », procurant une sensation de fraîcheur pendant un bon moment.
À mes yeux, cette solution est largement suffisante et évite d’investir dans une couverture rafraîchissante, souvent peu adaptée à une vie au pré.
Lorsque les températures sont extrêmes, j’essaie de passer trois fois par jour. Ces visites me permettent non seulement de les rafraîchir, mais aussi de vérifier qu’ils vont bien, qu’ils boivent suffisamment et qu’ils ne présentent aucun signe de coup de chaleur.
Pour renforcer encore l’efficacité contre les insectes, il m’arrive de doucher mes chevaux avec le shampoing répulsif Cura Naturale. Un petit plus qui permet de limiter la présence des mouches et des taons pendant plusieurs heures.
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L’ombre : un besoin vital
Offrir de l’ombre est probablement l’un des meilleurs moyens de protéger un cheval de la canicule.
Et, selon moi, rien ne remplace les arbres.
Contrairement à certains abris, dont la toiture accumule la chaleur et transforme rapidement l’intérieur en véritable four, les arbres créent un microclimat beaucoup plus agréable. Ils procurent de l’ombre, laissent circuler l’air et, au moindre souffle de vent, leurs branches favorisent une ventilation naturelle.
Cette réalité nous rappelle à quel point l’arrachage massif des haies et des arbres dans les pâturages a été une erreur. Ces éléments du paysage ne sont pas seulement esthétiques : ils constituent aujourd’hui l’un des principaux refuges de nos chevaux face aux épisodes de fortes chaleurs.
Planter des arbres et préserver les haies devrait désormais faire partie intégrante de tout projet d’aménagement d’une prairie ou d’un paddock.
Pour cette raison, j’évite autant que possible de laisser mes chevaux au box durant les périodes de canicule. Même bien entretenus, les boxes deviennent rapidement des espaces où la chaleur s’accumule et où l’air circule difficilement.
Au pré, les chevaux savent parfaitement exploiter leur environnement. Ils recherchent spontanément les zones les plus fraîches et se placent naturellement dans les courants d’air les plus agréables. Leur laisser cette possibilité est souvent la meilleure chose que nous puissions faire pour eux.
Les conséquences de la canicule sur les prairies… et sur le stock de foin
Au-delà du bien-être des chevaux, la canicule nous oblige aussi à repenser notre gestion des pâtures. Planter des arbres est une excellente solution pour offrir de l’ombre, mais cela ne suffit pas. Il faut également apprendre à préserver les sols, car le couvert végétal souffre énormément des fortes chaleurs.
Chez nous, comme chez beaucoup de propriétaires cette année, les chevaux sont déjà revenus à une consommation de foin digne de l’hiver. Je n’ai tout simplement pas le choix : l’herbe ne pousse plus, ou ne repousse pas suffisamment pour couvrir leurs besoins. Une nouvelle fois les coffres à foin Heufresser me sont d’une aide redoutable, car au début je leur donnait du foin en vrac, mais j’ai un petit malin qui adore uriner dans le foin… merci le gaspillage donc on protège les ressources !
Habituellement, à cette période, ils se passent volontiers d’une ration complémentaire. Cette année, en revanche, ils reçoivent quotidiennement une ration de fibres Courthioust, accompagnée de leur CMV Mila Moka, le tout servi en barbotage avec quelques litres d’eau. C’est une excellente façon d’augmenter leur consommation d’eau tout en couvrant leurs besoins nutritionnels.
Préserver les pâtures avant tout
J’ai également arrêté la rotation des parcelles. Mon objectif est de laisser un maximum de prairies au repos, même si cela signifie que la parcelle actuellement occupée sera plus abîmée. C’est un compromis, mais aujourd’hui il faut parfois choisir le moindre mal.
S’il y a un conseil que je donnerais, c’est celui-ci : évitez de faucher vos pâtures en pleine période de sécheresse, et surtout juste avant un épisode de canicule.
À première vue, une prairie haute paraît brûlée, jaunie et peu esthétique. Pourtant, en regardant sous les herbes sèches, on découvre souvent de jeunes pousses encore bien vertes, protégées du soleil par cette végétation plus haute.
En fauchant, tu supprimeras cette protection naturelle. Les jeunes repousses se retrouvent directement exposées au soleil et à la chaleur. Elles grillent en quelques jours, laissant progressivement la place aux adventices, à un sol qui se dégrade et à une prairie qui mettra beaucoup plus de temps à se régénérer.
Une prairie n’est pas un terrain de golf
Nous devons accepter qu’une prairie destinée aux chevaux ne ressemblera pas à un green de golf.
Les parcours de golf restent verts parce qu’ils sont irrigués en permanence. Nos pâtures, elles, doivent survivre avec les seules précipitations… qui se font de plus en plus rares.
Alors oui, une herbe haute peut sembler moins jolie. Mais si ton objectif est de préserver ta ressource fourragère et la santé de ton sol, résiste à l’envie de sortir la débroussailleuse ou la faucheuse.
Une prairie n’a pas besoin d’être parfaite pour être fonctionnelle. En revanche, un sol vivant et protégé te remerciera lorsque les pluies reviendront… et tes chevaux aussi.
Quid du travail ?
Il y a quelques années, je t’aurais probablement conseillé de régler ton réveil à 3 heures du matin pour monter Pompon à la fraîche, dès 4 heures.
Aujourd’hui, j’ai changé d’avis. J’ai sans doute vieilli… mais surtout beaucoup mûri.
Je suis désormais convaincue qu’un cheval ne souffrira pas parce qu’il saute quelques séances de travail. Son bien-être passe avant notre programme d’entraînement.
Même une séance que l’on qualifie de « légère » augmente sa température corporelle. Son organisme doit ensuite fournir un effort supplémentaire pour évacuer cette chaleur et retrouver une température normale. En période de canicule, cette récupération est beaucoup plus longue et beaucoup plus coûteuse pour lui.
Alors je préfère me poser une simple question : à quoi bon ?
Pourquoi lui demander un effort supplémentaire alors qu’il passe déjà ses journées à lutter contre la chaleur ?
Lorsque les fortes températures s’installent plusieurs jours d’affilée, je vois bien la différence. Mes chevaux sont moins dynamiques, leurs regards sont plus fatigués, leurs déplacements moins énergiques. Leur organisme mobilise déjà une énorme quantité d’énergie simplement pour maintenir son équilibre.
Dans ces moments-là, mon objectif n’est plus de les faire travailler. Mon seul objectif est de les aider à traverser cette période dans les meilleures conditions possibles : les rafraîchir, veiller à ce qu’ils boivent suffisamment, leur offrir de l’ombre… et les laisser récupérer.
Après tout, quelques jours sans travailler n’ont jamais empêché un cheval d’être heureux. En revanche, lui éviter un stress thermique supplémentaire peut réellement faire la différence.
Les paramètres à surveiller
Tu l’auras compris : pendant une canicule, nos journées s’organisent un peu autour de nos chevaux. On multiplie les passages pour les rafraîchir, renouveler l’eau, vérifier qu’ils boivent suffisamment… et surtout surveiller que tout va bien.
Observer son cheval est sans doute le meilleur moyen de détecter rapidement un problème. Un cheval qui souffre de la chaleur ne va pas toujours se coucher ou s’effondrer. Les premiers signes peuvent être beaucoup plus discrets.
Contacte rapidement ton vétérinaire si ton cheval présente l’un des symptômes suivants :
- une respiration très rapide qui ne diminue pas après plusieurs minutes de repos ;
- une température corporelle supérieure à 39 °C ;
- une transpiration très importante… ou, à l’inverse, une absence de transpiration malgré une forte chaleur ;
- une fatigue inhabituelle, une faiblesse marquée ou des difficultés à se déplacer ;
- des muqueuses très sèches, foncées ou congestionnées ;
- des signes de coliques (regard vers les flancs, grattage du sol, roulades, agitation…).
N’hésite pas non plus à contrôler les paramètres de base : la fréquence respiratoire, la fréquence cardiaque, la couleur des muqueuses et le temps de remplissage capillaire. Connaître les constantes habituelles de ton cheval te permettra de repérer beaucoup plus rapidement une anomalie.
Face à un doute, mieux vaut appeler ton vétérinaire une fois de trop que trop tard. Lors d’un coup de chaleur, chaque minute compte, et une prise en charge précoce améliore considérablement les chances de récupération.
En bref…
Voilà quelques-uns de mes petits tips pour aider mes chevaux à traverser les épisodes de canicule.
Je n’ai pas la prétention de détenir la vérité ni d’avoir la science infuse. Ce sont simplement des habitudes que j’ai adoptées au fil des années, en observant mes chevaux, en m’adaptant à leurs besoins et en tirant des leçons de chaque été un peu plus chaud que le précédent.
Au fond, il n’y a pas de recette miracle. Tout repose sur trois choses : le bon sens, l’observation et l’anticipation.
Prendre quelques minutes de plus pour vérifier un bac d’eau, offrir un peu de fraîcheur, observer une respiration ou laisser son cheval se reposer plutôt que de vouloir absolument travailler… Ce sont ces petits gestes, répétés chaque jour, qui font souvent toute la différence.
Et toi, quelles sont tes astuces pour aider tes chevaux à supporter les fortes chaleurs ? N’hésite pas à les partager en commentaire : nos expériences sont souvent notre meilleure source d’inspiration