Reflexions: ce que le confinement va changer dans nos vies de cavaliers

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Hey ! On revient pour ce énième jour de confinement, oui j’en suis au stade où je mets 5 minutes chaque matin à savoir quel jour on est, lundi mardi, mercredi non samedi ? Le 12 le 15 ou le 20 avril ha non le 25 peut être ??? Bref, j’ai perdu la notion du temps !

Et comme on a le temps devant soi, c’est l’occasion de méditer et réfléchir à « l’avenir ». Ce confinement a chamboulé pas mal nos vies mais aussi nos visions des choses. Et le monde équestre est loin d’être épargné.

Les centres équestres en première ligne

Alors oui les centres équestres sont les premiers impactés. Car leur économie ne dépend pas (contrairement à ce que l’on pourrait penser) des pensions. Leur fer de lance, c’est l’enseignement, les stages et les concours, et autant dire qu’il n’y a pas besoin d’être Einstein pour comprendre que nourrir les chevaux va leur coûter plus que cela ne leur rapporte. Et on le sait tous : un cheval ne se range pas au placard comme une raquette ; chaque mois il nous coûte un bras (t’as saisi un peu le jeu de mot ???)

D’autre part, l’effet kiss cool va arriver au déconfinement, les parents qui auront été au chômage partiel, amputés de 14% (ou pire s’ils sont restaurateurs.!!! ) de leur pouvoir d’achat, pourront-ils payer ces stages, ces concours à leur progéniture ? J’en doute, la part du loisirs/tourisme va prendre un gros coup. 

De même pour tout ce qui dépend de l’évènementiel : les structures qui n’organisent que des concours, les concours étant condamnés (pour l’heure) jusqu’à septembre,  comment justifier leur chiffre d’affaire? Quelle assurance de salaire derrière ????? Toute l’industrie du loisirs est impactée. Et c’est ballot nous Français avons inventé le tourisme et le loisirs de masse ! 

Des sous qui ne rentreront pas dans les caisses du centre équestre qui en a pourtant bien besoin. Tous ces « extras » cumulés, vont créer un gros manque, et vont grandement fragiliser les structures déjà pas très gaillardes. 

Et malheureusement, je pense (j’espère me tromper) que beaucoup de clubs risquent d’y laisser quelques plumes, et même de passer la clé sous la porte…. On verra bien dans quelques mois, mais je ne suis pas très optimiste pour eux. 

Les aides pour sauver les miettes 

Alors oui il y a des aides de l’état. Elles sont ce qu’elles sont, mais que l’on devra tous payer un jour il ne faut pas se leurrer. Il y a également cette bonne action des cavaliers de haut-niveau, qui proposent des stages à titre gracieux aux écuries. C’est super de donner de son temps. Mais est-ce vraiment les bonnes écuries qui vont pouvoir en profiter ?Car mettre 400 euros dans un stage je doute que cela soit à porté de tout le monde, on en revient au point cité plus haut. Mais je loue cette initiative, et je serai moi même partante de faire un stage de ce genre si il se présentait dans mon coin. 

Il y a également une cagnotte mise en place par la FFE pour aider les clubs en besoin, d’autres grands cavaliers font une vente aux enchères de leurs affaires et reverseront les sous aux clubs en détresse. C’est génial de voir cet élan de solidarité. Et ce serait bien que cela permette également une transformation les mentalités de certains cavaliers parfois trop centrées sur eux-mêmes ! Un grand BRAVO !

 

Les inégalités de traitement….

 La FFE restant très évasive, laisse entendre dans ses premiers communiqués que, oui, le gérant à la pleine responsabilité du cheval (et donc de son équilibre physique et mental) en bon père de famille. Mais par la même occasion, si le gérant veut faire payer le travail supplémentaire, il peut le demander au propriétaire. 

 Il faut selon moi, trouver un entre-deux. Mais je pense, que cela aurait été une belle démarche commerciale (et c’est pour moi à ca qu’on reconnaît les vrais « pros ») de la part des gérants de proposer ces services gracieusement ou en échange des cours « inclus dans la pension ».  

Il y a fort heureusement des gérants qui se démènent pour trouver des prairies pour leurs chevaux, sortir un maximum ceux des propriétaires ,les longer, les soigner, leur distribuer leur dose de carottes et de caresses tout en partageant une multitudes de photos à leurs propriétaires. Et là ça renforce d’autant plus la relation entre le gérant et son client. La confiance en ressort grandie. C’est gagnant-gagnant ! 

Il y a aussi ceux qui ont fait fit du confinement et ont laissé les propriétaires venir « discrètement » s’occuper de leur chevaux… bref, nous sommes bien en France ! 

 

Le changement de paradigme va aussi se faire dans le monde équestre.

Bien que je ne sois pas Madame Irma, ces semaines de confinement nous on tous permis de réfléchir à notre situation. Et c’est dire s’il y en a des cas particulier. 

Déjà on s’est tous posé la question : est ce que Pompon va bien ? Je dois lui manquer ? Lui me manque c’est une évidence !!! Bref c’est compliqué de ne pas avoir le choix de s’éloigner de lui. C’est probablement plus facile pendant la semaine de vacances à Courchevel ou sur la croisette de Cannes je te l’accorde ! Et ce n’est qu’une petite semaine, 7 jours, même 6 parce que tu fonces le 7ème jour, après avoir jeté les valises, donner une carotte à ton poney volant ! 

Alors il y a ceux qui dorment sur leurs deux oreilles, qui ont de super gérants, ultras bien équipés et organisés. Et il y a ceux qui déchantent. Oui la carrière est fibrée arrosée, c’est le top du top adieu les tendinites… mais par contre ton cheval fera marcheur tous les jours si tu ne viens pas le monter…. Non tu comprends le gérant n’a pas que ça à faire de monter ton cheval.. (il n’y a même plus d’enjeu, les concours étant tous annulés…). Cette situation est loin d’être isolée. Elle est malheureuse, mais elle permet peut être au propriétaire de revoir ses priorités. De changer son point de vue.

Quel est donc le plus important donc dans le choix d’une pension ? 

Faut-il privilégier le confort du cavalier, au détriment de celui du cheval ou inversement ? Evidemment la question paraît simple comme ça (c’est le cheval d’abord non ?).  Oui les mentalités vont changer, et ce n’est pas plus mal, peut être aussi que ces gérants là vont se rendre compte que leur offre n’est pas si bonne que ça et pas du tout pratique pour eux. Oui, quand tu n’as pas de pâturages pour ventiler les bestiaux, c’est un peu contraignant de devoir le marcher, le monter, le sortir pour éviter que ça tourne en colique, coup de sang et autres joyeusetés.

Il n’y a pas de bonne solution : il y a seulement celle où cheval et cavalier trouveront leur point d’équilibre. 

Personnellement, je ne dors pas sur mes deux oreilles si ce n’est pas moi qui gère mon cheval. C’est comme ça c’est plus fort que moi. Du coup j’ai changé ma situation de pension en ramener ma Patate chez moi en novembre. Choix qui a été grandement renforcé par cette situation de confinement. Et je savoure chaque matin où je me lève pour aller m’occuper de mon gros. Ce n’est pas une contrainte, non au contraire, ça l’était plus quand il était en pension ! C’est dire !!!  D’autant plus que ma relation évolue avec mon cheval, je passe plus de temps à pieds à côté de lui à l’observer, et finalement je me rends compte que je suis un de ses repères ; ça flatte mon égo je dois l’avouer ! 

 

covid-19
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Quand les cloches sonnent enfin !!! 

mais les sons de cloches sont différents 🤪

Hier à 19h00, voilà que le ministre de l’agriculture sonne le glas ! Les propriétaire seraient autorisés à se rendre dans les écuries , sous réserve que le gérant l’y autorise. Tout cela pour soulager les structures équestres dans leur gestions des équidés. Il est vrai que quand l’écurie ne compte pas de salariés, c’est de l’ordre de l’impossible de sortir 30 chevaux chaque jour à la même hauteur.  Les propriétaires pourraient donc ainsi soulager le gérant. Mais le suspens ne serait pas à son maximum si la FFE annonçait que NON rien de rien on NE CHANGE RIEN ! Bref que penser?

Pourquoi donc ? 

Parce qu’il faudrait que Pompon ait réellement besoin de toi, après 6 semaines d’absence va-t-il avoir besoin de toi soudainement ? Autre particularité : c’est le gérant d’écurie qui dit si oui ou non il autorise l’accès, sous entendu : c’est LUI le responsable en cas de pépin, accident ou peut être contamination au COVID-19. Hummm on peut donc mieux comprendre pourquoi certaines écuries ont choisis de rester fermées.

Mais on peut discuter sur les sons de cloches : 

1. La FFE n’est pas la loi.

Elle l’a dit elle même ces dernières semaines en disant que les règles du confinement ont été édictées par le gouvernement et qu’elle s’y tient (c’est tout à son honneur). Et au final : une écurie est elle obligée de s’affilier à la FFE ? En conséquence, les écuries non affiliées n’ont pas d’ordre à recevoir de la FFE non ?

2. Le GHN (groupement hippique national) lui est plus « optimiste » il précise bien la responsabilité du gérant dans cette situation.

3. Le communiqué du ministre de l’agriculture n’est pas non plus la loi 🤪.

 C’est un simple courrier qui ne modifie en rien le décret du 23 mars. Donc théoriquement il faudrait attendre…

En soit….. laissons le temps faire les choses. Quand on sait qu’en Belgique il y a une circulation raisonnée des propriétaires dans les écuries, c’est vrai que je trouve dommage qu’on ne suive pas cet exemple. Je serai gérant d’écurie : j’essaierai d’avoir un écrit pour me couvrir (et couvrir mes propriétaires en cas d’accident…) attestant que le communiqué de presse fait foi. 

4. Le décret  du 23 mars pouvait encadrer cela…

On n’en a curieusement pas beaucoup parlé, et c’est probablement l’objectif du Communiqué de Presse d’hier. C’est dans la FAQ du ministère de l’agriculture. Qui dit que lorsque les employés sont en nombre insuffisant pour que la structure fonctionne on peut assermenter (par écrit) un propriétaire pour venir aider de manière bénévole.  Ha… si certains l’avaient su plus tôt je suis sûre qu’il auraient coché cette option.

>>>> Source ici <<<<

Bref nous sommes bien dans le flou…. TOUTE CETTE MAYONNAISE NE VEUT RIEN DIRE  !!! 

civid-19
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La morale de l’histoire 

Je m’en arrête là pour aujourd’hui. Pour tout te dire, ça doit faire 3 semaines que je pianote sur mon clavier pour écrire cet article, pour le changer, l’effacer, ajouter des éléments, au rythme des informations. Il y’aura probablement du nouveau dans les prochaines semaines. Mais on aura au moins fait un petit arrêt sur image ! 

Mon avis personnel sur l’interdiction des propriétaires d’accéder aux écuries : je n’en ai pas, je ne suis ni pour ni contre tout simplement parce que je ne suis pas concernée. Ce qui est sûr : c’est que je ne me vois pas vivre loin de mon poney !

On voit beaucoup de commentaires et débats sur les réseaux, et forums, je les lis, parce que je trouve que ça nous apprend beaucoup sur la nature humaine ! Oui c’est mon côté « sociologue » , mais je suis parfois choquée des commentaires déchargeant la haine, des jugements parfois trop hâtifs que certains peuvent porter. Les réseaux sociaux sont pour moi un moyen de partager et d’échanger nos points de vues. On a le droit de ne pas être d’accord. 

Ce que j’espère 

 Que les moeurs vont évoluer, autant du côté des gérants, que du côté de cavaliers et propriétaires. Savoir quels sont ses objectifs, doit-on uniquement monter Pompon pour aller sauter le Grand prix du Week end ? Ou le travailler pour son bien être physique et psychique ?

 Je ne l’aurai pas pensé, mais les concours ne me manquent pas. Peut être un peu le côté « adrénaline » mais ça c’est mon goût du sport. Je me régale chaque jour à prendre le temps d’observer mon cheval, de le monter, de me pencher plus sérieusement sur des exercices parce qu’au final j’ai le temps de prendre le temps. Et je crois que mon gros valide cette vie là !  

Allez ciao l’ami, je te laisse là, n’hésites pas à donner ton petit avis sur la chose (tout en respectant le point de vue de chacun ! ). N’oublions pas : on est tous passionnés par nos poneys volants !  Et seuls les cavaliers peuvent vraiment comprendre !

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