De l’importance de la qualité du sol pour ton poney volant

Quand on choisi l’endroit où l’on met son cheval, en pension où chez soi, on analyse bien les critères en fonction des besoin de son poney magique, mais aussi en fonction de nos besoins de cavalières. Si tu es une adepte de la randonnée, il te faudra une écurie qui dessert de nombreux chemins de balade (été comme hiver !), si tu es une adepte de la compétition ou du travail en carrière en particulier, il te faudra veiller à la nature des sols des lieux de travail. C’est donc sur ce dernier point que je vais pencher mon analyse/expérience. Pour tout te dire, je pense que c’est l’élément essentiel d’une pension si tu envisages de travailler ton cheval régulièrement. Car la nature du sol peut avoir un impact à plus ou moins long terme sur la santé de ton loulou. Et si tu ne veux pas voir la camionnette du vétérinaire débarquer tous les mois pour passer une échographie des tendons il est bon de savoir c’est qu’est une carrière de qualité !

Les exigences à avoir pour une carrière de qualité.

La dimension

Il faut être à l’aise, et comme dans toute pension on partage l’espace, donc si c’est pour se sentir à l’étroit quand on des 3 cavaliers, c’est pas génial.

En somme,tu peux bannir les carrières/manèges de 20×40 trop petits pour le travail monté (à mon goût ! ), mais de dimensions idéales pour le travail en liberté, en longue rênes ou en longe. Pour du travail monté, avec un cheval ça devient vite petit et tu as un peu la nette sensation de tourner en rond.

35×40 est un minimum je pense. Ca permet de faire un peu de tout que cela soit du dressage ou du cso. Plus grand devient donc confortable.

Le type de sol

Classiquement, les sols de carrière sont en sable. Mais le sable n’en n’est pas l’unique composant.

Pour bien que tu te rendes compte de ce qu’engendre un sol équestre je vais t’expliquer (grosso modo) selon quel procédé elles sont construites. Précision qu’il n’y a pas qu’un seul et unique procédé mais beaucoup se ressemblent !

1/ On creuse !!! Oui on creuse pour remplacer la terre par du bon sol spécial sabots ! Mais aussi pour stabiliser le sol. Si tu as une nature de sol glaiseux tu comprendras qu’on cherche la partie du sol la plus stable possible. Car ce serait bien dommage de voir la glaise remonter à la première grosse pluie !

2/ On ajoute une sous couche DRAINANTE. Selon les constructeurs et les exigences du client cela peut varier. Tu peux avoir des petites dalles en plastique dans lesquels tu mets du gravier type Mash Fer. On compacte le tout.

3/ On rajoute le sable mais pas que ! Il faut y ajouter une fibre textile qui rendra le sol plus élastique et évitera que le sable se transforme en véritable sable mouvant ! Le sable est idéalement du sable dit de Fontainebleau. Et niveau épaisseur il faut ramener un certains nombre de camions : de quoi avoir une épaisseur de 25cm de sable ! Oui oui ! Donc je te laisse faire tes calculs si tu as pour projets de faire une carrière de 80X80  combien de kg de sable tu vas devoir brasser pour recouvrir la surface ! (problème idéal pour des CM2 ! )

L’entretien du sol.

Maintenant que l’on a une belle carrière, le plus dur n’est pas fait ! Car oui tu peux avoir la plus belle carrière du département, innovante et patincoufin mais si tu ne l’entretiens pas elle sera juste bonne à servir de paddock cet hiver (et encore !!! ).

Règle number one : il faut arroser.

Oui le sable de fontainebleau et la fibre ont besoin de beaucoup d’eau. En gros, le sol ne doit JAMAIS être sec. Pourquoi ça ? D’une part parce que tu ferais travailler ton poney sur un sol poussiéreux, et tu sais combien les poumons de nos amis à crins sont fragiles… Faire du sport dans une ambiance « Lawrence d’Arabie en pleine tempête de sable «  c’est un peu moyen…

Ensuite qui dit : sol sec/sol mou dit DANGER pour les tendons ! Oui oui, un sol profond peut avoir des conséquences irréversibles sur les membres de Pompon… Ceux qui connaissent les joies des tendinites savent de quoi je parle. Mais il est évident qu’un cheval qui déclenche une tendinite, sans travail trop brutal, il faut analyser la nature du sol sur lequel celui ci travaille. D’autant plus que ce type de tendinite se déclenchent à retardement. Le cheval se fatigue les tendons, force dessus, mais ne se claque pas à l’instant T. C’est l’usure de ces tendons qui à la longue laisse apparaître une « jolie banane ». Et là je peux t’assurer que : c’est trop tard.

Règle complémentaire à la règle Number one

Arroser c’est bien, lisser derrière c’est TOP ! Cela coule de sens qu’après l’arrosage on lisse la carrière non ? D’une part pour mieux répartir l’eau sur toute la surface et ainsi limiter les flaques. D’autre part, pour reboucher les trous du aux passages répétés des chevaux. En lissant on comprime la matière et on offre donc un sol avec un meilleur rebond.

Une herse peut également faire l’affaire. L’idéal étant une herse suivi d’un lisseur. Ainsi donc après chaque averse (qui t’économisera de nombreux hectolitres d’eau) un petit coup de barre dans la carrière te permet de la préserver et d’harmoniser l’humidité : fini les flaques !

Arracher les herbes.

Quand l’herbe envahit la carrière, d’abord sur les bordures puis un peu partout, il ne faut pas hésiter à déraciner ces mauvaises invitées. Car la colonisation peut être rapide, et cela altère grandement la qualité du sol. Le sable se colore, devient glaiseux… bref c’est pas géant.  Bon je te cache pas c’est un peu une corvée mais ce serait dommage d’avoir claquer autant de sous dans une carrière pour la voir se transformer en forêt amazonienne.

Les autres types de sol

Le spring garden

Personnellement, j’aime bien travailler sur herbe. Pourquoi ça ? Je trouve que le rebond n’est pas le même que sur sable, après tout dépend du sol. Il ne faut pas qu’il soit trop dur, pas trop en pente, pas trop mou non plus. L’hiver quand les sols son gelés c’est top car l’herbe reste assez moelleuse quand le sable lui subit les assauts du froid.

Idéalement je travaille mes chevaux quand il y a assez d’hauteur d’herbe 10 cm au minimum. Ca offre un meilleur amorti, et le sol ne se dégrade pas de trop.

sol

Ensuite, je travaille même sous la  pluie sur mes terrains en herbe, mais ça, c’est parce que mes chevaux ont l’habitude d’évoluer sur ce type de sol. Evidemment, je ne m’amuse pas à faire des courbes serrées, et le risque de glissade me force à mieux veiller à l’équilibre de mes gros !

Pour sauter ?? Il n’y a aucun soucis de sauter sur herbe. Bon évidemment on fait plus attention où on place les obstacles par rapport aux abords et réceptions mais on tient également compte des variations de niveaux du sol. Mais ça fait une bonne préparation je trouve ! A choisir en sauter sur herbe ou sur une carrière profonde et poussiéreuse mon choix est vite vu. Ce qui est sûr c’est que je n’enchaine pas les séances de CSO. Je dois sauter une fois tous les 10 jours à tout casser !

Les champs

Si tu n’as pas de carrière mais qu’à côté de tes écuries il y a des champs, c’est une bonne occasion pour travailler ton cheval. Les champs de chaumes ont la particularité de bien déboucher les chevaux, ils adorent ça ! Ce que j’aime bien dans les champs c’est qu’il y’a plus de dénivellation que sur une carrière classique. Je tire cet inconvénient à mon avantage en travaillant mon cheval.

Les secrets pour avoir un sol parfait

sol

Pour conclure, on va faire un bref résumé de ce qu’il faut faire pour avoir une carrière au top.

Même si tu n’as pas un sable de grande qualité, le secret reste l’entretien. Plus tu entretiendras ta carrière de meilleure qualité elle sera. Cela ne sert à rien d’avoir une Toubin Clément et d’attendre sagement que la pluie l’arrose … une carrière ça coûte cher en matériaux et ça reste un investissement pour l’entretenir. Si tu la laisses se dégrader les conséquences peuvent être nocives pour ton poney (et indirectement pour ton portefeuille….). Méfiance aussi sur les sols trop compacts. Pour le coup ce n’est plus les tendons qui sont lésés mais les articulations ! Essaye de courir sur du bitume on en reparlera quand tu auras mal à tes genoux ! L’épaisseur de sable est donc indispensable, ne pense même pas monter sur 5 cm de sable, c’est encore plus traitre pour ton poney qui pourrait se vautrer lamentablement…

En somme, parfois il vaut mieux partir en balade pour bosser ses chevaux, si la carrière est détrempée ou trop sèche… ça leur fait du bien de voir autre chose et en plus ça permet de varier les terrains !

 



A propos Clémence

Clémence est la rédactrice d'Horsyklop. Cavalière depuis sa plus tendre enfance, elle enchaîne les maladresse équestres (dont la plus risquée fut une coupure à la tondeuse ! ). Elle vous confie ici certaines de ses aventures; mais aussi des tests de différents produits. Elle prône pour le 100% Naturel, et adore le MADE IN FRANCE (oui nous avons un beau pays ! )

Un Commentaire

  1. Tout à fait d’accord avec toi ! Le choix du sol est primordial. J’ai crée mon centre équestre il y a un peu plus de 10 ans. Au début, porte-monnaie exige, j’avais un sable de mauvaise qualité. Il y a 4 ans, j’ai pu (enfin !!) refaire le sol avec du sable de qualité. A ma grande surprise, j’ai vu certains de mes poneys se mettre à galoper de bon cœur, alors que jusque là il fallait les pousser. Idem pour mes chevaux de voltige à qui le sol de qualité fait le plus grand bien !

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